Santé générale et maladie parodontale

Une maladie parodontale n’est pas seulement une affaire de gencives. C’est une inflammation chronique entretenue par des bactéries, et elle entre en relation avec plusieurs maladies générales. Certaines de ces relations sont solidement documentées, d’autres restent au stade de l’association statistique. Cette page distingue les deux, et dit ce que votre santé générale change concrètement avant et pendant une prise en charge.

Le diabète, la relation la mieux documentée

Elle fonctionne dans les deux sens. Un diabète mal équilibré est associé à des formes plus actives de maladie parodontale, avec une réponse au traitement moins favorable. À l’inverse, une parodontite non traitée entretient une inflammation qui rend l’équilibre glycémique plus difficile à obtenir.

Traiter la parodontite s’accompagne, dans les études disponibles, d’une amélioration de cet équilibre. C’est l’une des rares relations où une action sur les gencives a montré un effet mesurable sur une maladie générale.

En pratique : signalez votre diabète et la date de votre dernier bilan. Il est utile que votre médecin soit informé de la prise en charge parodontale en cours, car les deux suivis se répondent.

Les maladies cardiovasculaires : une association, pas une cause démontrée

Les personnes atteintes de parodontite présentent plus souvent certaines maladies cardiovasculaires. L’association est retrouvée de façon constante.

Il n’est pas démontré pour autant que traiter une parodontite réduise le risque cardiovasculaire. Les deux maladies partagent des facteurs communs, le tabac, le diabète, l’âge, qui expliquent une part de ce qu’on observe.

La distinction n’est pas un détail. Soigner ses gencives reste justifié pour les gencives elles-mêmes, et aucune promesse cardiaque ne peut y être attachée.

La grossesse

Plusieurs études décrivent une association entre maladie parodontale et accouchement prématuré ou faible poids de naissance. Les essais qui ont traité la parodontite pendant la grossesse n’ont cependant pas montré de réduction de ces risques.

Cette nuance ne change rien à l’intérêt de soigner ses gencives, elle interdit seulement d’en promettre un bénéfice obstétrical. Les modifications hormonales majorent par ailleurs la réaction de la gencive à la plaque : une inflammation gingivale peut apparaître ou s’aggraver pendant la grossesse, même sans changement d’hygiène.

Les soins parodontaux non chirurgicaux peuvent être réalisés pendant cette période. Signalez votre grossesse dès la première consultation, y compris si elle est récente.

Vos traitements en cours, et ce qu’ils changent avant une chirurgie

C’est le point le plus concret de cette page, et celui qui compte le plus dans un cabinet qui pratique la chirurgie orale. Plusieurs traitements modifient la préparation d’une intervention.

  • Les anticoagulants et antiagrégants plaquettaires : ne les arrêtez jamais de votre propre initiative. La conduite à tenir se décide entre votre praticien et le médecin qui les prescrit.
  • Les traitements agissant sur l’os, prescrits dans l’ostéoporose ou dans certains cancers : ils exposent à un risque d’ostéonécrose des mâchoires après un geste chirurgical. Ils doivent être signalés même s’ils ont été arrêtés, y compris plusieurs années auparavant.
  • Les traitements immunosuppresseurs, une chimiothérapie en cours ou passée, une radiothérapie de la tête ou du cou.
  • Certaines situations cardiaques à haut risque, qui justifient une antibioprophylaxie avant un geste sanglant, décidée avec votre cardiologue.
  • Le tabac, associé à une cicatrisation moins favorable après une chirurgie comme après un traitement parodontal.

Un traitement oublié dans le questionnaire médical peut conduire à reporter une intervention le jour même. Mieux vaut apporter la liste complète, à jour.

Ce que votre santé générale change pour votre suivi

Apportez la liste de vos médicaments et le nom de vos médecins. Signalez tout changement survenu entre deux rendez-vous, même s’il vous paraît sans rapport avec la bouche.

Lorsqu’un facteur général est présent, l’hygiène quotidienne pèse davantage : le nettoyage entre les dents devient déterminant, et notre page consacrée à l’hygiène bucco-dentaire détaille les gestes.

Quand consulter ?

Ces informations ne remplacent pas un examen. Certains signes justifient de consulter sans attendre :

  • des saignements des gencives qui persistent malgré un nettoyage régulier ;
  • une gencive qui se retire ou une dent qui se met à bouger ;
  • une inflammation qui apparaît ou s’aggrave pendant une grossesse ;
  • un diabète dont l’équilibre se dégrade sans cause identifiée.

Un bilan parodontal se justifie aussi en l’absence de gêne dans deux situations : avant de débuter un traitement agissant sur l’os, et avant un projet implantaire. Votre chirurgien-dentiste traitant pose le diagnostic et vous adresse au Cabinet PICO lorsqu’une prise en charge parodontale ou chirurgicale devient nécessaire.

Questions fréquentes sur santé générale et maladie parodontale

Soigner mes gencives va-t-il améliorer mon diabète ?

Le traitement d’une parodontite s’accompagne, dans les études, d’une amélioration de l’équilibre glycémique. C’est un appui au traitement du diabète, jamais un substitut : votre suivi médical et votre traitement restent inchangés.

Une parodontite augmente-t-elle mon risque cardiaque ?

Une association existe entre les deux, mais le lien de cause à effet n’est pas démontré, et traiter les gencives n’a pas montré qu’il réduisait ce risque. Les deux maladies partagent des facteurs communs, à commencer par le tabac.

Puis-je recevoir des soins parodontaux pendant ma grossesse ?

Oui pour les soins non chirurgicaux. Signalez votre grossesse dès la première consultation : elle change le choix de certains gestes et le moment où ils sont réalisés.

Je prends un traitement pour l’ostéoporose, dois-je le signaler ?

Impérativement, et même s’il a été arrêté. Les traitements agissant sur l’os exposent à un risque de complication osseuse après une chirurgie, et leur connaissance change la préparation de l’intervention.

Dois-je arrêter mon anticoagulant avant une extraction ?

Ne l’arrêtez pas de vous-même. L’interruption comporte ses propres risques, et la plupart des gestes se réalisent sans arrêt du traitement. La décision revient à votre praticien en lien avec votre médecin.

Prendre rendez-vous pour un bilan parodontal près de Nantes

Un diabète qui se déséquilibre, un traitement pour l’ostéoporose qui commence, un projet d’implant : autant de moments où l’état des gencives mérite d’être mesuré, même sans douleur. Si votre chirurgien-dentiste vous a orienté vers le Cabinet PICO, à Orvault, l’équipe réalise ce bilan et tient compte de votre situation générale. Vous pouvez contacter le cabinet pour en parler.